Je ne voulais pas être parent… et je me sens piégé(e)

Je ne voulais pas être parent… et je me sens piégé(e)

Devenir parent est souvent présenté comme une évidence, un passage obligé, une expérience fondatrice censée apporter du bonheur et du sens. La société valorise la maternité et la paternité comme des accomplissements naturels, parfois même comme un devoir implicite. Les récits dominants véhiculent l’image d’un amour inconditionnel et d’une satisfaction immédiate, laissant peu de place aux doutes et aux désillusions. Alors, comment comprendre cet écart ? Pourquoi ce sujet reste-t-il si difficile à aborder ? Peut-on regretter d’être parent sans cesser d’aimer son enfant ?

Les récits dominants véhiculent l’image d’un amour inconditionnel et d’une satisfaction immédiate, laissant peu de place aux doutes et aux désillusions.

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Et pourtant, certaines personnes regrettent d’avoir eu des enfants.

Non pas parce qu’elles ne les aiment pas, mais parce que la parentalité a bouleversé leur existence d’une manière qu’elles n’avaient pas anticipée.

🔹 Un renoncement à soi plus radical qu’imaginé
De nombreux parents découvrent que l’arrivée d’un enfant modifie profondément leur liberté, leur identité et leur équilibre de vie. Ce qu’ils pensaient être une adaptation progressive se révèle souvent être un bouleversement total, générant une fatigue intense, une solitude émotionnelle ou un sentiment d’enfermement.

🔹 Une injonction au bonheur parental qui étouffe
La norme voudrait que tout parent soit comblé par la présence de son enfant. Exprimer le moindre regret revient à remettre en question cette norme, à s’exposer au jugement, à l’incompréhension. La pression sociale empêche ainsi d’aborder honnêtement les difficultés réelles de la parentalité, laissant ceux qui souffrent seuls avec leur malaise.

Dire "Si c’était à refaire, je ne referais pas d’enfants" semble inconcevable.

Où peut-on exprimer une telle pensée sans être immédiatement perçu comme un parent défaillant ? Ceux qui osent l’évoquer sont souvent jugés comme égoïstes, ingrats ou irresponsables, alors même qu’ils assument pleinement leur rôle au quotidien.

🔹 Un paradoxe douloureux : aimer son enfant mais regretter sa naissance
Le plus troublant pour ces parents, c’est l’écart entre l’amour qu’ils portent à leur enfant et la difficulté à assumer la parentalité. Ce regret ne signifie pas un rejet de l’enfant lui-même, mais une prise de conscience du coût psychique, émotionnel et existentiel de la parentalité.

Quand la parentalité ne ressemble pas à ce qu’on avait imaginé

Avoir un enfant est souvent perçu comme une évidence, une étape naturelle de la vie adulte. Mais cette décision est-elle toujours le fruit d’un choix pleinement conscient ?

Bien souvent, elle est influencée par des désirs profonds, mais aussi par des injonctions invisibles, intégrées parfois sans même s’en rendre compte :

Le poids de la norme sociale : "Un jour, tu voudras des enfants."
L’idéalisation de la parentalité : "Avoir un enfant, c’est le plus grand bonheur du monde."
La pression familiale : "Tu ne vas pas nous priver de petits-enfants."
Le mythe du lien inné : "Dès que tu verras ton bébé, tout changera."

Ces phrases sont répétées à l’envi et finissent par s’imposer comme des vérités absolues. Elles sous-entendent qu’un jour, l’envie d’être parent se manifestera naturellement, et qu’en retour, la parentalité apportera une plénitude évidente.

Mais une fois devenu parent, certains réalisent que la réalité est bien différente.

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🔹 Une perte d’autonomie et de liberté

L’arrivée d’un enfant change tout.

Plus de spontanéité, plus de silences, plus de longues nuits de sommeil. Chaque décision doit être prise en fonction d’un autre être humain, parfois totalement dépendant. Cette perte de liberté, même attendue, peut s’avérer beaucoup plus lourde qu’imaginé.

"Je savais que ce serait difficile, mais pas à ce point. J’ai l’impression que ma vie ne m’appartient plus."

🔹 Un bouleversement identitaire

Avant d’être parent, on est un individu à part entière, avec des désirs, des projets personnels, une vision de soi.

Après, on devient "maman" ou "papa" avant tout. Pour certains, cette transition se fait naturellement, pour d’autres, elle engendre un véritable vertige existentiel :

Qui suis-je en dehors de ce rôle ?
Ai-je encore une identité propre ?
Suis-je réduit(e) à être "le parent de" ?

Ce sentiment est d’autant plus fort dans les sociétés où la parentalité est perçue comme une transformation irréversible, une nouvelle identité qui prend le dessus sur tout le reste.

"J’ai parfois l’impression de m’être perdu(e) en devenant parent. Ce n’est pas que je n’aime pas mon enfant, mais… je ne sais plus qui je suis."

🔹 Une charge mentale et émotionnelle immense

Être parent ne s’arrête jamais.

La charge mentale est omniprésente, avec une pression constante pour bien faire, ne rien oublier, anticiper en permanence.

🔹 A-t-il assez mangé ?
🔹 Faut-il consulter un médecin ?
🔹 Ai-je bien répondu à ses besoins émotionnels ?

À cela s’ajoute la fatigue chronique, les nuits écourtées, le manque de temps pour soi et pour son couple. Ce poids, souvent minimisé, peut plonger certains parents dans un épuisement profond, parfois jusqu’au burn-out parental.

"Je m’attendais à être fatigué(e), mais pas à ce que la fatigue devienne mon état normal. J’ai l’impression de ne plus avoir une seconde à moi."

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🔹 Un sentiment d’enfermement : un rôle qu’on ne peut plus quitter

L’une des réalités les plus dures de la parentalité est son irréversibilité.

On peut quitter un travail, mettre fin à une relation, changer de mode de vie… mais on ne peut pas cesser d’être parent.

Ce constat peut être angoissant :

L’impression d’être enfermé(e) dans un rôle qu’on n’a pas totalement choisi.
Le sentiment de ne plus avoir de portes de sortie.
La peur de ne plus jamais retrouver la vie d’avant.

"Tout a changé du jour au lendemain, et je me suis rendu compte que je ne pourrai jamais revenir en arrière."

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Quand le regret surgit

Dans ces moments-là, le regret peut apparaître.

Non pas comme un rejet de l’enfant, mais comme une nostalgie de la vie d’avant, une prise de conscience du coût de la parentalité.

Et c’est là que le tabou surgit : peut-on exprimer ce regret sans être jugé(e) ?

"Je les aime plus que tout… mais si j’avais su ce que cela impliquait, je ne suis pas certain(e) que j’aurais fait ce choix."

Ce sentiment, difficile à verbaliser, n’enlève rien à l’amour parental. Il souligne simplement un écart entre ce qui avait été imaginé et la réalité vécue, un décalage qui peut parfois peser très lourd.

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Quand la parentalité est imposée par le partenaire

Devenir parent est une décision qui, idéalement, devrait être partagée.

Pourtant, dans certains couples, l’un des deux partenaires exprime un désir plus fort d’enfant, au point que l’autre finit par accepter sans en ressentir réellement l’envie.

Ce consentement peut être motivé par différentes raisons :

L’attachement au couple : la peur de perdre l’autre si l’on refuse.
Une pression affective : "Tu comprendras quand il sera là."
Une promesse implicite : "Tu changeras d’avis une fois parent."
Une vision inégale du désir d’enfant : "C’est important pour moi, ça devrait l’être pour toi aussi."

Dans ce contexte, la parentalité devient un choix asymétrique : l’un désire intensément l’enfant, l’autre cède, sans forcément être opposé à l’idée, mais sans véritable conviction non plus.

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Un choix ou une obligation déguisée ?

Il est rare qu’un partenaire impose ouvertement la parentalité à l’autre.

La pression s’exerce souvent de manière plus subtile, par des attentes répétées, des discussions où le refus devient difficile à défendre, des phrases qui insinuent qu’une vie sans enfant serait incomplète.

Ce phénomène est d’autant plus fort dans les sociétés où l’enfantement est valorisé : refuser la parentalité peut être perçu comme un rejet du modèle familial classique, voire une incapacité à s’engager pleinement dans le couple.

Pour certains, le "non" n’est pas une option. Ils finissent par dire "oui", non pas par désir profond, mais pour préserver l’équilibre du couple.

"Je ne voulais pas d’enfant, mais je voulais rester avec lui/elle. J’ai fini par me dire que je m’y ferais."

Mais une fois devenu parent, le doute peut persister.

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Quand l’enfant est là : un ressenti ambivalent

Le jour où l’enfant arrive, certains découvrent qu’ils investissent pleinement leur rôle de parent, même si ce n’était pas un projet initialement souhaité.

D’autres, en revanche, ressentent une difficulté persistante à s’épanouir dans ce rôle.

🔹 Un sentiment de dépossession : l’impression de ne plus avoir la maîtrise de son propre parcours de vie.
🔹 Une nostalgie de la vie d’avant : la sensation d’avoir dû sacrifier une partie de soi.
🔹 Un malaise face aux responsabilités : l’enfant est aimé, mais la parentalité pèse.
🔹 Un ressentiment diffus : non pas envers l’enfant, mais envers les circonstances qui ont conduit à ce choix.

Ce ressenti peut évoluer, mais il n’est pas toujours temporaire.

"J’aime mon enfant, mais si j’avais eu le choix, je ne serais pas devenu(e) parent."

Là encore, l’amour pour l’enfant et le regret d’être parent ne sont pas incompatibles.

Pourquoi est-il si difficile d’en parler ?

Le regret d’une parentalité "subie" est un sujet encore plus tabou que le regret d’être parent en général.

Reconnaître que l’on n’a pas choisi cette voie par soi-même peut provoquer un sentiment de culpabilité, surtout si l’enfant grandit dans un climat familial qui, en apparence, fonctionne bien.

L’entourage ne facilite pas toujours l’expression de ces doutes :

"Tu savais ce que ça impliquait."
"Tu aurais dû être plus ferme avant."
"Maintenant qu’il/elle est là, ça ne sert à rien d’y penser."

Ces phrases sous-entendent qu’il est illégitime de ressentir du regret une fois la parentalité engagée. Pourtant, comme tout choix de vie majeur, celui de devenir parent peut susciter des questionnements après coup.

Comment composer avec un choix qui n’a pas été pleinement désiré ?

Lorsqu’un parent ressent une forme de regret liée à une parentalité qu’il n’a pas pleinement choisie, plusieurs pistes peuvent être explorées :

Reconnaître ce ressenti : Plutôt que de le nier ou de le culpabiliser, l’accepter comme une émotion légitime.
Mettre des mots dessus : Se confier à un professionnel (thérapeute, psychanalyse groupale et familiale à Versailles, groupe de parole).
Se réapproprier sa place : Trouver un équilibre entre être parent et rester un individu à part entière.
Revisiter son parcours : Se demander si ce ressenti évolue avec le temps, et comment il peut être transformé.

Il n’y a pas de réponse universelle, car chaque parcours parental est unique. Certains finissent par se réconcilier avec leur rôle, d’autres continuent à ressentir une forme de regret sans que cela remette en question leur investissement auprès de l’enfant.

Un tabou qui enferme dans la culpabilité

Parler du regret d’être parent reste une transgression majeure dans une société où la parentalité est valorisée comme un accomplissement naturel et épanouissant. Pourtant, ce sentiment existe, persiste, mais se dit rarement.

Ce silence s’explique par trois interdits sociaux majeurs qui rendent l’expression du regret quasiment impossible sans culpabilité.

✔ L’interdit de ne pas aimer la parentalité

Être parent, c’est censé être une source de bonheur et d’épanouissement.

Dire le contraire, c’est aller à contre-courant d’un idéal profondément ancré.

🔹 "Tu ne peux pas regretter un enfant, c’est la plus belle chose au monde."
🔹 "Tu exagères, tout le monde passe par des moments difficiles."
🔹 "Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as."

Cette injonction pousse à minimiser la souffrance parentale, à considérer tout doute comme un simple passage à vide. Résultat ? Les parents qui regrettent leur choix se retrouvent isolés, convaincus qu’ils sont seuls à ressentir cela.

Or, ce n’est pas la parentalité qui est regrettée dans son essence, mais l’expérience vécue, la manière dont elle transforme la vie, parfois de manière radicale et douloureuse.

"Je pensais que je serais plus heureux(se) avec un enfant. En réalité, ce n’est pas ce que j’imaginais, mais je ne peux pas le dire sans être jugé(e)."

✔ L’interdit de dissocier l’amour de l’enfant du rôle parental

Peut-on aimer son enfant et regretter d’être parent ?

Cette question dérange parce qu’elle remet en cause une croyance profondément ancrée : l’amour parental doit aller de soi, naturellement et sans condition.

🔹 "Si tu regrettes, c’est que tu ne l’aimes pas vraiment."
🔹 "Comment ton enfant se sentirait-il s’il savait ça ?"
🔹 "Tu as voulu cet enfant, tu dois assumer."

Ces jugements empêchent une distinction essentielle :

👉 Aimer une personne n’implique pas d’aimer le rôle qui y est associé. Un parent peut aimer son enfant profondément et souffrir du poids de la parentalité.

Certains regrettent la perte de liberté, la charge mentale, le renoncement à des aspirations personnelles, sans que cela remette en cause l’affection qu’ils portent à leur enfant.

"Je l’aime plus que tout, mais si je pouvais revenir en arrière, je referais peut-être un autre choix."

Ce paradoxe est difficile à entendre, car il brouille les représentations traditionnelles de l’amour parental comme un lien absolu et inébranlable.

✔ L’interdit d’exprimer un désir d’autrement

Dire "Je n’aurais pas dû avoir d’enfant" est perçu comme un rejet de l’existence même de l’enfant, une trahison absolue.

🔹 "Si tu penses ça, tu n’aurais jamais dû être parent."
🔹 "Comment peux-tu dire une chose pareille après tout ce que tu as construit ?"
🔹 "Tu devrais être fier(e) de ce que tu as accompli."

Dans cette perspective, regretter d’être parent équivaut à nier la valeur de l’enfant lui-même, alors qu’il s’agit souvent d’un regret du changement de vie imposé par la parentalité.

Les parents qui ressentent cela se retrouvent piégés :

✔ Ils ne peuvent pas en parler sans risquer d’être jugés comme indignes.
✔ Ils ne peuvent pas revenir en arrière.
✔ Ils doivent vivre avec ce regret dans le silence et la culpabilité.

"J’aurais aimé choisir une autre voie, mais je ne peux pas exprimer ce sentiment sans que cela soit interprété comme un rejet de mon enfant."

Quand la culpabilité enferme dans le silence

Face à ces interdits, ceux qui regrettent d’être parents n’ont souvent aucun espace où exprimer leur ressenti.

Ils portent seuls ce fardeau, tentant d’écraser leurs propres émotions pour ne pas blesser, ne pas être incompris, ne pas être exclus du récit parental dominant.

Mais ce silence peut aggraver leur mal-être, créant :

Un sentiment d’isolement profond.
Un épuisement psychique lié à la dissonance entre ce qu’ils ressentent et ce qu’ils doivent afficher.
Un poids qui peut peser sur la relation avec l’enfant, le partenaire, et l’entourage.

"Je n’ai pas le droit de ressentir ça. Alors je fais semblant."

Pourtant, le regret d’être parent ne signifie pas être un mauvais parent. C’est un ressenti qui mérite d’être entendu, compris et exploré, sans condamnation.

L’enjeu n’est pas de changer le passé, mais de trouver des espaces où l’on peut se réconcilier avec son vécu, sans avoir à nier ses propres émotions.

Regret et amour : deux sentiments qui peuvent coexister

Le regret d’être parent n’implique pas un manque d’amour pour son enfant.

Il est possible de l’aimer profondément, de vouloir son bonheur, de se soucier de son bien-être, tout en ressentant une difficulté à assumer le rôle de parent au quotidien.

Cette ambivalence est au cœur des relations humaines, et la psychanalyse a depuis longtemps montré qu’elle est particulièrement marquée dans le lien parent-enfant. Freud parlait déjà de l’ambivalence des affects, expliquant que l’amour et la frustration, le désir et le rejet, peuvent coexister sans s’annuler mutuellement.

"Je l’aime plus que tout, mais je me sens écrasé(e) par la parentalité."

Ce paradoxe est pourtant largement nié dans notre culture, qui veut que le bonheur parental soit total, sans faille et sans regrets.

Quand la parentalité devient un poids

L’amour pour l’enfant est réel, mais la charge mentale est écrasante.
L’envie de bien faire est là, mais l’épuisement est constant.
La responsabilité est assumée, mais elle pèse lourdement.

Tous les parents connaissent des moments de fatigue, de frustration, d’irritation. Mais chez certains, ces moments ne sont pas passagers :

🔹 Ils deviennent un état permanent.
🔹 Ils ne s’atténuent pas avec le temps.
🔹 Ils ne sont pas compensés par un sentiment de plénitude.

"Si c’était à refaire, je ne le referais pas… mais maintenant qu’il est là, je l’aime et je fais de mon mieux."

Ce type de ressenti, loin d’être une anomalie, exprime simplement un décalage entre l’idéal et la réalité, entre ce que l’on avait imaginé et ce que l’on vit réellement.

Un amour qui existe malgré le regret

Contrairement aux idées reçues, le regret n’efface pas l’attachement parental.

Ce n’est pas un rejet de l’enfant, mais une prise de conscience du coût émotionnel et existentiel de la parentalité.

On peut aimer un enfant et regretter ce qu’implique le fait d’être parent.
On peut être un bon parent et ne pas se sentir épanoui dans ce rôle.
On peut donner tout ce qu’on a, sans que cela suffise à combler un manque personnel.

C’est en reconnaissant cette réalité, plutôt qu’en la niant, que l’on peut éviter que ce regret ne se transforme en souffrance silencieuse, en culpabilité permanente ou en ressentiment diffus.

La clé n’est peut-être pas de chercher à faire disparaître cette ambivalence, mais de lui donner une place, de l’accepter comme une part du vécu parental.

Comment faire face à ce sentiment ?

Le regret d’être parent est un ressenti difficile à assumer, non pas tant à cause de ce qu’il est, mais à cause du tabou qui l’entoure.

Pourtant, il ne définit pas la qualité d’un parent, ni l’amour porté à son enfant. Apprendre à vivre avec ce sentiment, sans qu’il devienne une souffrance envahissante, passe par plusieurs étapes.

✔ Accepter ses émotions sans culpabiliser

🔹 Regretter d’être parent ne fait pas de vous un mauvais parent.
🔹 Ce n’est pas un rejet de l’enfant, mais un ressenti face à la parentalité.

L’un des pièges les plus fréquents est la culpabilité :
"Je ne devrais pas penser ça."
"Si je ressens du regret, c’est que je suis un parent indigne."
"Mon enfant le sentira et en souffrira."

En réalité, nier ce ressenti ne le fait pas disparaître, il le rend plus pesant. Accepter ce sentiment comme une facette de l’expérience parentale permet d’éviter qu’il ne se transforme en une souffrance intérieure refoulée.

"Je ressens cela, mais cela ne fait pas de moi une mauvaise personne."

✔ Se créer des espaces de liberté

La parentalité, lorsqu’elle est vécue comme un fardeau, peut donner l’impression d’une perte totale d’identité individuelle. Or, être parent ne signifie pas s’effacer entièrement.

🔹 Retrouver un équilibre entre le rôle de parent et son identité propre est essentiel.
🔹 Accorder de l’importance à ses propres désirs, loisirs et projets.
🔹 S’autoriser du temps pour soi, sans culpabilité.

Certains parents ressentent du regret parce qu’ils se sont oubliés. Reconstruire des espaces personnels permet d’alléger la pression et de redonner du sens à son propre parcours.

"J’ai le droit d’exister en dehors de mon rôle de parent."

✔ Exprimer son ressenti dans un cadre bienveillant

L’un des plus grands défis pour les parents qui ressentent ce regret, c’est le silence qui l’accompagne. Il est difficile d’en parler à son entourage, de peur d’être incompris ou jugé.

🔹 Un travail thérapeutique individuel permet d’explorer ce ressenti sans jugement.
🔹 Une thérapie de couple peut aider à mieux équilibrer les responsabilités et attentes.
🔹 Une approche groupale et familiale – notamment à Versailles – peut offrir un espace où cette ambivalence peut être entendue et travaillée.

Le simple fait de poser des mots sur ce sentiment, de ne plus être seul avec lui, peut déjà être un soulagement immense.

"J’ai besoin d’un espace pour parler de ce que je ressens, sans peur d’être rejeté(e)."

✔ Se détacher des injonctions sociales

La parentalité est truffée de normes implicites :

"Un bon parent ne devrait jamais douter."
"L’amour parental suffit à combler tous les sacrifices."
"Si on aime son enfant, on ne peut pas regretter d’être parent."

Mais en réalité, il n’existe pas UNE seule façon d’être un "bon" parent. Chacun compose avec son histoire, ses blessures, ses limites et ses contradictions.

🔹 Reconnaître que l’on fait du mieux possible, même avec ce ressenti.
🔹 Refuser de se comparer aux modèles idéalisés de la parentalité.
🔹 Accepter que la parentalité puisse être une expérience ambivalente, sans que cela invalide l’amour porté à l’enfant.

"Je peux être un parent aimant tout en ressentant ce que je ressens."

Avancer malgré tout

Le regret d’être parent n’est pas une condamnation. Il peut évoluer, s’apaiser, se transformer en une autre manière d’habiter ce rôle, moins subi, plus assumé.

L’essentiel est de ne pas se laisser enfermer dans le silence et la culpabilité. Parce qu’en réalité, oser poser un regard honnête sur la parentalité est peut-être la meilleure preuve d’amour que l’on puisse offrir à soi-même… et à son enfant.

Foire aux questions (F.A.Q.)

Est-ce normal de regretter d’avoir eu des enfants ?

Oui, et c’est plus courant qu’on ne le pense.

Devenir parent bouleverse une vie, et il arrive que l’on ressente de la nostalgie pour l’existence d’avant, avec plus de liberté et moins de responsabilités. Ce sentiment ne signifie pas que vous n’aimez pas votre enfant, mais il peut refléter un décalage entre vos attentes et la réalité. La société valorisant la parentalité comme une évidence épanouissante, il est difficile d’exprimer ces regrets sans craindre le jugement.

Peut-on être un bon parent sans avoir désiré son enfant ?

Oui. De nombreuses personnes qui n’avaient pas initialement le désir d’être parent découvrent, au fil du temps, qu’elles développent un lien profond avec leur enfant.

Le fait de ne pas avoir souhaité cette parentalité ne vous condamne pas à l’échec. L’essentiel repose sur la capacité à reconnaître ses émotions, à construire un lien sincère et à s’adapter à cette nouvelle réalité, même si elle ne correspond pas à l’image que vous en aviez.

Que faire si on ne supporte plus son rôle de parent ?

Il est normal d’éprouver des périodes de lassitude, d’épuisement ou même de rejet face aux contraintes de la parentalité.

Plutôt que de culpabiliser, il peut être utile de prendre du recul : êtes-vous en manque de repos ? Vous sentez-vous isolé(e) ? Votre rôle correspond-il à ce que vous imaginiez ? Parfois, réorganiser son quotidien, partager plus de responsabilités ou simplement exprimer son mal-être à une personne de confiance peut suffire à alléger ce fardeau.

Pourquoi ai-je l’impression que tout le monde est plus épanoui que moi en tant que parent ?

Parce que les représentations de la parentalité sont souvent idéalisées.

Les réseaux sociaux et les discours autour de la famille mettent en avant des moments heureux et épanouissants, mais cachent les difficultés, la fatigue, et les doutes. En réalité, beaucoup de parents traversent des phases de frustration ou de découragement. Ce que vous ressentez est plus répandu que vous ne le pensez, même si peu de personnes osent l’exprimer ouvertement.

Comment gérer la culpabilité liée à ce ressenti ?

La culpabilité naît souvent de l’écart entre ce que l’on ressent et ce que l’on pense être attendu de nous.

Pourtant, ressentir du regret ou de l’épuisement ne fait pas de vous un mauvais parent. Il est important d’accueillir ces émotions sans chercher à les fuir. Se donner le droit de ne pas être un parent parfait, d’éprouver des ambivalences, permet souvent d’alléger ce poids intérieur et de mieux comprendre ce qui, concrètement, pèse le plus sur vous.

Peut-on aimer son enfant mais ne pas aimer être parent ?

Oui, et c’est une réalité pour de nombreux parents.

L’amour pour un enfant est distinct du plaisir à assumer le quotidien de la parentalité, avec son lot de contraintes, de responsabilités et de renoncements. Certains trouvent épanouissement dans leur rôle, d’autres le vivent comme une perte d’eux-mêmes. Cela ne signifie pas que vous aimez moins votre enfant, mais que l’image de la parentalité ne correspond pas à ce que vous êtes.

Comment savoir si mon malaise est passager ou plus profond ?

Il est normal d’avoir des phases de fatigue ou de lassitude dans la parentalité.

Mais si ce malaise est constant, s’il provoque un mal-être durable, un sentiment d’enfermement ou d’injustice, cela peut révéler un décalage plus profond entre ce que vous êtes et ce que la parentalité exige de vous. Prendre du recul sur vos attentes, vos valeurs, et identifier les sources précises de votre inconfort peut vous aider à mieux comprendre ce qui est en jeu.

Dois-je en parler à mon entourage ?

Tout dépend de votre environnement. Si vous sentez que votre entourage peut entendre ce que vous ressentez sans juger, partager votre vécu peut être libérateur.

Mais dans une société où la parentalité est encore sacralisée, il n’est pas toujours facile de parler ouvertement de ces sentiments. Si vous craignez l’incompréhension, vous pouvez commencer par écrire vos pensées pour mieux les clarifier avant de les exprimer à quelqu’un en qui vous avez confiance.

Et si je ne me sens jamais à l’aise dans mon rôle de parent ?

Certaines personnes ne se reconnaissent jamais totalement dans le rôle parental, et c’est une réalité que la société a du mal à accepter.

Il ne s’agit pas d’un échec, mais d’une expérience différente de la norme. L’important est de trouver des ajustements qui vous permettent de vivre cette parentalité avec le moins de souffrance possible, en identifiant ce qui vous pèse le plus et ce qui peut être aménagé pour mieux correspondre à votre manière d’être.

La pression sociale rend-elle ces sentiments plus difficiles à assumer ?

Oui. L’idée selon laquelle avoir un enfant est une source de bonheur inconditionnel est profondément ancrée.

Admettre que l’on peut ressentir de la lassitude, du regret ou de l’inconfort dans son rôle parental est perçu comme un tabou. Cette pression sociale pousse à taire ces émotions, renforçant ainsi l’isolement et la culpabilité. Pourtant, en parler avec des personnes ouvertes et bienveillantes permet souvent de relativiser et de se sentir moins seul(e).

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
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