Nous avons tous, à un moment ou un autre, été confrontés à nos propres doutes, à cette fameuse question : quel est le sens de ma vie ? La psychologie existentielle nous invite à explorer cette interrogation avec bienveillance et courage. Plutôt que de s'attarder sur le passé comme une fatalité, elle nous pousse à le voir comme une ressource pour mieux vivre ici et maintenant. L’important n’est pas tant ce que nous avons vécu, mais ce que nous en faisons aujourd’hui.
Elle nous rappelle que nous avons le choix, que nous sommes libres de construire notre identité, d’agir en accord avec nos valeurs et de prendre nos responsabilités. Mais cette liberté peut être angoissante, car choisir, c’est aussi renoncer à d’autres possibles.
Ludwig Binswanger, pionnier de l’analyse existentielle, a été l’un des premiers à relier la phénoménologie d’Edmund Husserl et la pensée existentielle à la psychothérapie. Il considérait que l’être humain ne pouvait être compris qu’à travers son être-au-monde, c’est-à-dire dans sa manière unique d’exister et d’interagir avec les autres et son environnement. Il ne s’agissait plus simplement de guérir des symptômes, mais d’aider les patients à retrouver un sens à leur existence en explorant leurs relations, leur vécu émotionnel et leur manière d’être.
Jean-Paul Sartre, bien que philosophe et non thérapeute, a profondément influencé cette approche en mettant en avant l’idée que l’existence précède l’essence : nous ne sommes pas définis par un destin ou une nature préétablie, mais nous nous construisons à travers nos choix et nos actes. Cette idée est essentielle en psychothérapie existentielle, car elle remet le patient au centre de son propre changement : il n’est pas condamné à répéter son passé, il peut choisir d’être acteur de son avenir.
Ainsi, la psychothérapie existentielle invite chacun à faire face à sa liberté et à l’assumer pleinement, malgré l’angoisse qu’elle peut susciter. En osant choisir, nous nous affirmons comme êtres vivants, en quête d’authenticité et de sens.
Cette angoisse existentielle, loin d’être un obstacle, est en réalité le signe même de notre liberté. Accepter cette angoisse, c’est accepter de vivre pleinement, de se lancer, malgré l’incertitude.
Søren Kierkegaard, père de l’existentialisme, décrivait cette angoisse comme « le vertige de la liberté ». Face à une infinité de possibilités, l’individu peut se sentir paralysé, mais c’est précisément cette confrontation qui lui permet de prendre conscience de lui-même et de se responsabiliser. Pour Kierkegaard, il ne s’agit pas d’éliminer l’angoisse, mais de l’apprivoiser pour mieux vivre avec elle.
De son côté, Viktor Frankl, fondateur de la logothérapie, voyait dans cette angoisse existentielle une opportunité : celle de donner du sens à sa vie malgré l’adversité. Passé par l’épreuve des camps de concentration, il a démontré que même dans les situations les plus extrêmes, nous pouvons choisir notre attitude et trouver une raison de continuer.
Comme le disait Jacques Mayol : « Un homme vrai, c’est celui qui respire quand il respire, qui mange quand il mange, qui dort quand il dort, qui regarde quand il regarde, qui touche quand il touche… » Vivre, c’est être présent à soi-même et au monde, dans chaque instant. En étant conscient de nos choix, en les assumant, nous nous réapproprions notre existence et nous avançons vers une vie plus authentique et libre.
Jean-Paul Sartre, quant à lui, insistait sur la nécessité pour chacun de s’engager activement dans sa propre existence. Selon lui, nous sommes condamnés à être libres, ce qui signifie que nous devons sans cesse prendre des décisions et en assumer les conséquences. Cette liberté radicale peut être vertigineuse, mais elle est aussi une source inépuisable de création et d’épanouissement personnel.
D’un autre point de vue, Maurice Merleau-Ponty, en intégrant la phénoménologie à l’existentialisme, mettait en avant le rôle du corps et de la perception dans notre rapport au monde. Pour lui, nous sommes engagés dans un dialogue constant avec notre environnement, et nos choix ne se font pas dans l’absolu, mais dans un contexte relationnel et incarné.
Ainsi, la thérapie existentielle ne cherche pas seulement à comprendre nos blessures, mais à nous aider à en faire quelque chose. Ce qui compte, ce n’est pas tant ce que nous avons vécu, mais comment nous choisissons d’y donner du sens. En nous appropriant notre histoire, en acceptant nos contradictions, nous pouvons avancer vers une existence plus authentique et plus libre.
Comme le soulignait Rollo May dans Le désir d’être, le rôle du thérapeute est avant tout de créer un pont entre le patient, souvent isolé dans sa souffrance, et le monde extérieur. Il ne s’agit pas seulement d’interpréter des symptômes ou d’apporter des explications théoriques, mais d’offrir une présence authentique et bienveillante, un espace où le patient peut être entendu, compris et reconnu dans son existence.
L’être humain n’est pas un objet à analyser : il est un être en devenir, un « étant », dont l’existence ne peut être réduite à un ensemble de mécanismes psychiques. La thérapie existentielle considère donc le patient dans toute sa complexité, en mettant l’accent sur ce qu’il vit ici et maintenant, sur son rapport au monde et aux autres.
En ce sens, le malade n’a pas besoin d’une explication figée, mais d’une relation authentique, d’un espace où il peut progressivement retrouver du sens et de la liberté dans son propre parcours. Le thérapeute, en incarnant cette présence engagée, permet au patient de se reconnecter à lui-même et de réapprendre à exister pleinement.
Le Cabinet de psychanalyse et psychologie PsyCoachVersailles à Versailles, localisé près du Chesnay, propose une approche de psychothérapie intégrative qui s'inspire, entre autres, des enseignements de François Roustang. Ce cabinet se spécialise dans l'utilisation combinée de la psychanalyse et de la psychologie existentielle pour aider les individus à affronter et surmonter leurs difficultés psychologiques. En adoptant cette méthode, le cabinet vise à encourager ses patients à parvenir à une meilleure compréhension d'eux-mêmes et à initier des changements significatifs et positifs dans leur vie.