Entre normal et pathologique, où commence la folie ?
15/3/2025

Entre normal et pathologique : où commence la folie ?

"Mais je ne veux pas aller parmi les fous", remarqua Alice. "Oh, tu ne peux pas y échapper", dit le Chat. "Nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Tu es folle." Dès son arrivée au Pays des Merveilles, Alice est confrontée à un monde où la raison vacille, où le sens commun est bousculé et où la folie semble être la norme. Mais où commence réellement la folie ? Sommes-nous si sûrs de la frontière entre l’étrangeté acceptable et le trouble mental ?

Peut-on vraiment définir la folie ?

Depuis toujours, la folie intrigue, dérange et questionne.

Est-elle une maladie, une rupture avec le réel, une forme de génie incompris ou simplement une construction sociale ? La psychiatrie et la psychologie tentent d’en tracer les contours, mais existe-t-il une définition universelle de la folie ?

Historiquement, ce que l’on nomme "folie" a changé au fil du temps et des cultures. Dans l’Antiquité, certains comportements extravagants étaient perçus comme des signes de connexion avec les dieux.

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Les chamans, les mystiques ou les oracles étaient-ils fous ou simplement à l’écoute d’une autre forme de réalité ? Michel Foucault, dans Histoire de la folie à l’âge classique (1961), rappelle que la société a, à chaque époque, reclassé la folie en fonction de ses besoins et de ses craintes.

Aujourd’hui, la psychiatrie moderne s’appuie sur des classifications comme le DSM-5 et la CIM-11, censées offrir des critères objectifs pour diagnostiquer les troubles mentaux. Mais ces catégories ne sont pas figées : l’homosexualité, autrefois classée comme une maladie, a été retirée des manuels psychiatriques en 1973.

Si la folie était purement biologique, pourrait-elle ainsi disparaître sous l’effet d’un changement de mentalité ?

D’où viennent les troubles mentaux ?

La folie a longtemps été perçue comme une malédiction, une punition divine ou le fruit d’un dérèglement inexplicable.

Aujourd’hui, les sciences médicales et humaines ont largement démontré que les troubles psychiques ne sont ni une fatalité biologique, ni une simple construction sociale : ils émergent à la croisée de multiples facteurs, entre cerveau, histoire personnelle et environnement.

Si certaines pathologies comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire présentent des bases neurobiologiques bien établies, il serait réducteur d’y voir uniquement un problème chimique ou génétique. Freud, dans L’Interprétation des rêves (1900), insiste sur le fait que les conflits psychiques refoulés s’expriment à travers des symptômes, parfois spectaculaires mais profondément enracinés dans l’histoire individuelle. Les traumatismes, les chocs émotionnels et les relations précoces jouent un rôle tout aussi déterminant.

Boris Cyrulnik, dans Un merveilleux malheur (1999), a démontré que l’attachement dans la petite enfance et les traumatismes précoces façonnent la vulnérabilité psychique. Un enfant ayant grandi dans l’insécurité affective développera davantage de fragilités émotionnelles à l’âge adulte. La souffrance psychique ne surgit donc pas de nulle part : elle se construit, souvent à bas bruit, au fil du temps.

Trouble mental ou simple particularité ?

La frontière entre le normal et le pathologique est-elle aussi nette qu’on le pense ?

Depuis des siècles, la folie oscille entre mystère et effroi, tantôt perçue comme une malédiction divine, tantôt comme le prix à payer pour un génie hors norme.

Mais à partir de quand un comportement sort-il du cadre de l’originalité pour devenir une pathologie ?

Dès l’Antiquité, la raison et la déraison se confondent. Platon, dans Le Phèdre, voyait la folie comme un « délire divin », source d’inspiration et de transcendance. Pourtant, au fil des siècles, la société s’est employée à classer, enfermer, médicaliser. Michel Foucault démontre comment chaque époque redéfinit la folie à l’aune de ses propres angoisses et normes sociales. Ce qui était autrefois considéré comme un excès d’enthousiasme ou une singularité est aujourd’hui scruté sous le prisme du diagnostic psychiatrique.

Alors, où placer la limite ?

Freud, dans Les Cinq Psychanalyses, révèle que ce qui semble absurde ou irrationnel n’est souvent que le langage déguisé de l’inconscient. Les comportements jugés excentriques peuvent être des tentatives d’adaptation à des conflits internes non résolus, bien plus que des signes de folie pure.

Sur un plan clinique, le psychiatre Jean Bergeret (La Personnalité normale et pathologique, 1974) souligne que la santé mentale n’est pas un état figé, mais un équilibre mouvant. Ce qui est vu comme un trait de caractère aujourd’hui peut être diagnostiqué comme un trouble demain, et inversement. L’histoire psychiatrique l’a prouvé : certaines conditions naguère considérées comme des maladies – comme l’homosexualité – ont été exclues des classifications médicales à mesure que les mentalités évoluaient.

Alors, comment distinguer un tempérament atypique d’un trouble réel ? Plusieurs critères doivent être pris en compte :

  • la souffrance éprouvée par l’individu,
  • l’impact sur sa vie quotidienne et
  • l’évolution de son état psychique.

Un comportement étrange mais bien vécu est-il réellement pathologique ? À l’inverse, une normalité de façade qui masque une souffrance sourde est-elle vraiment saine ?

Cette question dépasse le domaine médical : elle touche à notre rapport à la norme, à la diversité humaine et à notre tolérance face à ce qui nous échappe.

Peut-être que la vraie folie, après tout, serait d’exiger que chacun rentre dans un cadre rigide, là où la complexité humaine ne cesse de repousser les limites.

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Qui décide de ce qui est normal ou pas ?

La normalité est-elle une évidence ou une invention collective ? Ce que nous considérons aujourd’hui comme un trouble mental était-il perçu de la même manière il y a un siècle ? Sera-t-il encore vu comme une pathologie demain ? La frontière entre normal et pathologique est bien plus mouvante qu’on ne le pense, façonnée autant par la science que par la culture et les rapports de pouvoir.

Michel Foucault, encore lui, montre comment la folie a longtemps été une catégorie floue, oscillant entre mysticisme, dangerosité et marginalité sociale.

Selon les époques, les personnes perçues comme déviantes ont été tour à tour considérées comme possédées, visionnaires, criminelles ou malades.

La science psychiatrique elle-même n’a pas échappé à cette subjectivité, se modelant sur les valeurs dominantes de chaque époque.

Nos conceptions de la santé mentale sont en perpétuelle évolution.

Ce qui était autrefois vu comme une anomalie peut être intégré dans la norme, et inversement.

L’hyperactivité chez l’enfant, par exemple, autrefois considérée comme une simple turbulence, est aujourd’hui classée sous le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Cette reclassification est-elle une avancée médicale ou une tendance à la surmédicalisation du comportement infantile ?

Des psychiatres comme Patrick Landman, dans Adieu Ritaline (2012), dénoncent une médicalisation excessive de comportements qui pourraient relever d’une simple variabilité du développement.

Les classifications médicales officielles, comme le DSM-5 et la CIM-11, sont censées fixer des critères objectifs pour identifier les troubles mentaux. Pourtant, elles ne sont pas exemptes d’influences sociales et politiques.

L’exemple de l’homosexualité, abordé brièvement plus haut, est emblématique : jusqu’en 1973, elle figurait dans le DSM comme un trouble mental avant d’être retirée sous l’influence des luttes sociopolitiques et des avancées en psychologie.

Comment expliquer qu’un « trouble » puisse disparaître du jour au lendemain d’un manuel psychiatrique si ce dernier était purement scientifique ?

D’ailleurs, la normalité ne se définit pas de la même manière selon les cultures.

En Occident, entendre des voix est souvent interprété comme un symptôme de schizophrénie, alors que dans certaines sociétés africaines ou asiatiques, cela peut être perçu comme une connexion spirituelle avec les ancêtres. Georges Devereux, dans Essais d’ethnopsychiatrie générale (1970), rappelle qu’une pratique qui semble pathologique dans une société peut être totalement intégrée dans une autre. La psychiatrie doit donc être capable de contextualiser les comportements humains, sous peine de pathologiser à tort des expressions culturelles légitimes.

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Folie et inconscient

La psychanalyse, avec Freud puis Lacan, a profondément modifié notre compréhension de la folie.

Elle n’est plus seulement un trouble médical, mais aussi une façon singulière d’habiter le monde.

Lacan, dans Les Psychoses (1955), explique que la psychose n’est pas un simple "dérèglement", mais une structure spécifique de l’être humain, un autre mode de rapport au langage, aux autres et à soi-même.

Dans cette perspective, la folie ne serait pas toujours à "soigner", mais parfois à comprendre et accompagner. Si elle ne génère pas de souffrance pour la personne elle-même, doit-elle forcément être vue comme un trouble ?

Faut-il vous inquiéter si vous vous sentez différent ?

Vous avez l’impression de ne pas fonctionner comme les autres, d’avoir des pensées inhabituelles ou une manière d’être qui sort du cadre ? Est-ce le signe d’une singularité précieuse ou d’un trouble mental qui mérite une attention particulière ?

Se sentir différent n’est pas en soi un problème.

Chaque individu possède sa propre façon de percevoir le monde, et l’histoire regorge d’exemples de personnes jugées étranges avant d’être reconnues pour leur génie ou leur originalité. Mais alors, à partir de quand une différence devient-elle inquiétante ?

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Différence ou pathologie ? Le critère de la souffrance

En psychologie, le critère fondamental pour distinguer une singularité d’un trouble est la souffrance qu’elle engendre. Karl Jaspers, dans Psychopathologie générale (1913), rappelle qu’un comportement atypique n’a rien de pathologique tant qu’il ne nuit pas à l’équilibre de la personne ou à son fonctionnement social.

Prenons quelques exemples concrets :

  • Vous êtes perfectionniste ? Rien d’anormal à cela. Mais si cette exigence vous paralyse, vous empêche d’avancer ou provoque une anxiété incontrôlable, il est possible que vous soyez dans un trouble obsessionnel-compulsif (TOC).
  • Vous entendez des voix ? Cela ne signifie pas nécessairement que vous souffrez de schizophrénie. Certaines personnes traversent des périodes de fatigue intense ou de stress aigu où elles perçoivent des sons ou des voix sans être psychotiques. Pierre Delion, dans La Création des Mondes (1998), rappelle que des expériences sensorielles inhabituelles peuvent exister sans compromettre l’équilibre psychique.

Le psychiatre Thomas Szasz, dans Le Mythe de la maladie mentale (1961), dénonce la tendance à médicaliser toute forme de différence. À force de vouloir mettre une étiquette sur chaque comportement inhabituel, ne risque-t-on pas de confondre originalité et pathologie ?

Quand l’environnement modèle la souffrance psychique

Trois grands facteurs environnementaux sont souvent associés au développement des troubles mentaux :

Le stress chronique : une exposition prolongée au stress (travail, pression sociale, charge mentale) altère les circuits neuronaux impliqués dans la gestion des émotions et peut favoriser l’émergence de troubles anxieux et dépressifs.

Les traumatismes : un choc émotionnel ou une expérience de violence physique ou psychologique peut laisser une empreinte durable sur la psyché, augmentant le risque de troubles dissociatifs, d’états de stress post-traumatique (ESPT) ou de phobies invalidantes.

Les conditions de vie difficiles : précarité, isolement social, manque de soutien affectif ou violences familiales créent un terreau propice au développement de pathologies comme la dépression, l’addiction ou les troubles du comportement.

Georges Canguilhem, dans Le Normal et le Pathologique (1943), rappelle que la maladie mentale n’est pas une anomalie, mais une variation du vivant, une tentative d’adaptation à une souffrance excessive. Dès lors, la question n’est pas tant de "soigner" la folie que de comprendre ce qu’elle exprime et pourquoi elle s’est développée.

Quand la créativité devient souffrance

Il existe une ligne fragile entre originalité et pathologie.

Certains troubles mentaux, comme le trouble bipolaire, sont connus pour amplifier la créativité lors des phases d’exaltation, mais peuvent aussi provoquer des périodes d’épuisement et de grande détresse. Le psychiatre Kay Redfield Jamison, elle-même atteinte de trouble bipolaire, décrit dans Touched with Fire (1993) comment les artistes atteints de ce trouble passent d’une inspiration fulgurante à une dépression paralysante.

Un critère essentiel pour différencier une pensée excentrique d’un trouble mental est la souffrance et l’impact sur la vie quotidienne.

Si une personne peut vivre normalement avec sa créativité, même si elle sort des cadres traditionnels, il n’y a pas de raison de poser un diagnostic. Mais si ses perceptions ou idées entraînent une souffrance profonde, une désorganisation de sa pensée ou un isolement, alors une prise en charge devient nécessaire.

Posez-vous les bonnes questions

Plutôt que de chercher à rentrer dans une norme rigide, demandez-vous :

Ressentez-vous une détresse liée à votre différence ?
Votre particularité vous empêche-t-elle d’avoir des relations sociales épanouissantes ?
Vous prive-t-elle d’opportunités personnelles ou professionnelles ?

Si la réponse est non, votre singularité est probablement une facette de votre personnalité plutôt qu’un trouble mental.

L’essentiel n’est pas d’être « comme tout le monde », mais de pouvoir exister pleinement sans que votre différence ne devienne une entrave à votre bien-être.

En somme, la vraie question n’est pas "suis-je normal ?" mais "suis-je heureux avec ce que je suis ?"

Alors, qui détient réellement le pouvoir de définir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas ? La médecine ? La société ? L’histoire ?

Il semble que la frontière entre trouble mental et singularité ne soit pas une donnée fixe, mais une construction mouvante, influencée autant par les avancées scientifiques que par les représentations collectives et les rapports de force sociaux.

Une question demeure : et si la normalité était, elle aussi, une forme de folie… simplement plus acceptée ?

Un regard social sur la folie et le génie

L’histoire montre que beaucoup d’esprits brillants ont été perçus comme fous avant d’être reconnus.

Nikola Tesla, avec ses visions et ses idées révolutionnaires, était jugé extravagant ; aujourd’hui, il est célébré comme un pionnier de l’électricité moderne. Friedrich Nietzsche, dont la pensée radicale a marqué la philosophie contemporaine, a passé les dernières années de sa vie interné.

Toujours dans Histoire de la folie à l’âge classique (toujours très actuel ouvrage à lire), Michel Foucault montre comment la société a toujours cherché à définir une frontière entre raison et déraison, mais cette limite varie selon les époques. Ce qui est perçu comme un trouble à une époque peut être reconnu comme du génie quelques décennies plus tard.

La véritable question est donc moins de savoir où commence la folie que de comprendre comment nous décidons, collectivement, de tracer la frontière entre créativité et pathologie.

Pourquoi la société a-t-elle encore peur de la folie ?

Depuis des siècles, la folie est source de fascination et d’effroi.

Elle incarne l’inconnu, l’imprévisible, ce qui échappe aux règles établies.

Des « insensés » enfermés dans les asiles du XVIIIᵉ siècle à la stigmatisation moderne des maladies psychiatriques, l’image du « fou dangereux » reste ancrée dans l’imaginaire collectif. Pourtant, la grande majorité des personnes atteintes de troubles psychiques ne représente aucun danger. Pourquoi, alors, cette peur persiste-t-elle ?

Sigmund Freud, dans Totem et Tabou (1913), montre que la folie est associée à l’incontrôlable, à ce qui déborde la raison et menace l’ordre social. Celui qui ne suit pas les normes établies devient une figure inquiétante, un miroir déformé de nos propres fragilités. Et si ce que nous appelons "folie" révélait en réalité ce que nous préférons refouler ?

La société a longtemps cherché à isoler la folie pour préserver une certaine idée de l’ordre. Les fous ont d’abord été enfermés aux côtés des criminels et des marginaux, puis progressivement médicalisés avec la naissance de la psychiatrie moderne. Mais si le discours scientifique a évolué, la peur, elle, est restée.

Les racines de la stigmatisation

Aujourd’hui encore, une personne atteinte de schizophrénie ou de trouble bipolaire est souvent perçue comme imprévisible, voire dangereuse, alors que ces pathologies, lorsqu’elles sont prises en charge, permettent une vie normale.

Le problème vient en grande partie des représentations médiatiques : les rares cas où des actes de violence sont commis par des personnes souffrant de troubles psychiques sont massivement relayés, tandis que la réalité quotidienne de millions de patients demeure invisible.

Cette stigmatisation a des conséquences concrètes :

Un accès limité à l’emploi et au logement : les troubles psychiatriques sont encore perçus comme un frein à l’embauche ou à la location d’un appartement.
Des difficultés dans la vie sociale et affective : la peur du jugement pousse certains patients à cacher leur diagnostic, ce qui renforce leur isolement.
Autocensure et honte : par peur d’être catalogués comme « fous », beaucoup évitent de consulter un professionnel, retardant ainsi une prise en charge qui pourrait améliorer leur quotidien.

Georges Canguilhem, dans Le Normal et le Pathologique (1943), insiste sur le fait que la frontière entre santé mentale et trouble est autant une construction sociale qu’une réalité médicale. Ne devrait-on pas questionner ces représentations plutôt que de continuer à exclure ?

Changer le regard sur la folie ? un enjeu de société...

La peur de la folie est alimentée par l’ignorance et les préjugés.

Mais que se passerait-il si nous apprenions à voir autrement ceux qui vivent avec une fragilité psychique ?

Éduquer sur la santé mentale : plus on comprend les troubles psychiques, plus on est capable de les regarder avec bienveillance plutôt qu’avec crainte.
Briser le tabou : normaliser les discussions sur la santé mentale permettrait d’éviter l’isolement des patients et de favoriser leur inclusion.
Déconstruire les idées reçues : reconnaître que la folie n’est pas une menace, mais une facette de l’humanité qui mérite écoute et accompagnement.

Si la société a si peur de la folie, c’est peut-être parce qu’elle nous confronte à notre propre vulnérabilité.

Accepter la différence psychique, c’est aussi admettre que la normalité est une illusion fragile et mouvante. Plutôt que d’exclure, ne serait-il pas temps d’apprendre à comprendre et à accueillir ?

Le traitement médicamenteux, nécessaire et suffisant ?

Face à la complexité des troubles psychiques, la prise en charge ne peut se limiter aux médicaments.

Si les psychotropes peuvent aider à stabiliser certaines souffrances, ils ne traitent pas les causes profondes. La compréhension du trouble, l’accompagnement et l’expression de la souffrance sont tout aussi essentiels.

Parmi les approches thérapeutiques efficaces :

La psychothérapie analytique, qui explore les origines profondes des symptômes.
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), qui aident à modifier les schémas de pensée négatifs et les comportements délétères.
Les thérapies alternatives, comme la méditation de pleine conscience, l’art-thérapie ou l’hypnothérapie, qui offrent d’autres voies pour apaiser les tensions psychiques.

Les troubles mentaux ne sont donc ni un simple dérèglement du cerveau, ni une fatalité sociale. Ils sont le reflet d’une histoire individuelle et collective, où biologie et vécu s’entrelacent. La vraie question n’est pas tant "d’où vient la folie ?", mais "comment l’écouter et la comprendre pour mieux l’apaiser ?".

Vers une approche plus humaine de la santé mentale ?

Aujourd’hui, la prise en charge des troubles psychiques tend à devenir plus individualisée et nuancée. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une approche moins stigmatisante, où la prévention et l’accompagnement psychologique jouent un rôle essentiel.

Les neurosciences, la psychanalyse et les sciences sociales convergent vers une même idée :

La folie n’est pas une entité figée, mais un processus évolutif, une manière unique d’être au monde, qui varie selon les individus et les contextes culturels.
Les troubles psychiques ne sont pas uniquement des dérèglements chimiques, mais aussi le reflet d’une histoire, d’un vécu, parfois d’une adaptation à une souffrance indicible.
Une singularité n’est pas forcément une pathologie : un comportement jugé "anormal" peut être une forme de résilience ou d’expression de soi.

Changer notre regard sur la différence

Alors, la folie peut-elle vraiment être définie ? Ou bien est-elle une frontière mouvante, modelée par la biologie, la culture et le regard que nous portons sur la différence ?

Ce qui est perçu comme un trouble dans une société peut être accepté comme une singularité dans une autre. La question n’est peut-être pas de poser une définition stricte, mais d’apprendre à voir autrement, sans juger trop vite.

Il ne s’agit pas de nier la souffrance psychique, mais d’adopter une vision plus ouverte et bienveillante de ce que nous appelons folie. Peut-être que, finalement, ce qui dérange tant dans la folie, c’est qu’elle nous confronte à la fragilité de notre propre normalité.

"Heureux les félés car ils laissent passer la lumière !"

Par Frédérique Korzine,
psychanalyste à Versailles
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